Tu cherches des infos sur SmartRenting, cette agence immobilière spécialisée dans la sous-location qui promettait aux locataires de voyager sans payer leur loyer ? Je dois t’annoncer que ce service a définitivement fermé ses portes en mars 2024 suite à une liquidation judiciaire.
Pendant 8 ans, cette startup parisienne proposait une gestion locative clé en main : les étudiants et jeunes actifs pouvaient sous-louer leur appartement légalement pendant leurs absences (stage à l’étranger, séjour Erasmus…) et récupérer 100% de leur loyer chaque mois. L’agence s’occupait de tout via Airbnb et autres plateformes de location courte durée. Ça paraissait génial sur le papier. Mais entre les difficultés post-COVID, un business model fragile et des problèmes de trésorerie, SmartRenting n’a pas tenu ses promesses.
Dans cet article, je te raconte ce qu’était vraiment cette agence de gestion locative, comment ça fonctionnait, pourquoi ça a coulé, et surtout quelles alternatives existent en 2026 si tu veux sous-louer ton logement en toute légalité.

Sommaire
SmartRenting a cessé ses activités : ce qu’il faut savoir
La liquidation judiciaire de mars 2024
Le Tribunal de Commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire de SmartRenting le 5 mars 2024. La date de cessation des paiements remonte au 30 octobre 2023. Concrètement, si tu avais confié ton appartement à cette agence immobilière, tu n’as probablement jamais revu ton argent.
Les fondateurs Thibault Martin, Théo Vassoux et Romain Bernard ont annoncé la fermeture sur LinkedIn. Leur message était émouvant mais ça ne change rien pour les clients lésés. Certains propriétaires attendent toujours leurs paiements. D’autres ont récupéré leur logement dans un état déplorable.
Les raisons de la fermeture
SmartRenting invoque l’impact du COVID-19 comme raison principale. La pandémie a effectivement mis à l’arrêt toute l’activité de mobilité. Toutes les agences en France ont fermé et 90% des équipes sont parties.
Malgré une tentative de relance en 2022, l’entreprise n’a jamais retrouvé son équilibre financier. Le business model reposait sur un coefficient multiplicateur de 2,5 sur le loyer. Quand personne ne voyage, ce modèle s’effondre. Le service promettait de payer ton loyer même sans locataire. Cette garantie a probablement achevé la trésorerie.
Ce qu’était SmartRenting : concept et promesse
Le principe de la sous-location légale
SmartRenting se positionnait comme la première agence de gestion locative 100% dédiée à la sous-location. Créée en 2015 par trois jeunes entrepreneurs, la startup était incubée à Station F. L’idée ? Permettre aux locataires de partir en stage, en Erasmus ou en voyage sans payer un double loyer.

La sous-location est légale en France sous deux conditions. Tu dois avoir l’accord écrit de ton propriétaire. Le loyer reversé ne peut pas dépasser ton propre loyer, charges comprises. SmartRenting se chargeait d’obtenir cette autorisation dans 80% des cas selon leurs chiffres.
La promesse : voyager sans payer son loyer
Le pitch commercial était séduisant. Tu partais tranquille pendant ton absence, l’agence mettait ton appartement sur Airbnb et te reversait 100% de ton loyer chaque mois. Gratuit pour toi, ils se rémunéraient sur le dos du sous-locataire.
Le service incluait tout : photos professionnelles, annonces, gestion des réservations, ménage, check-in et check-out. Une assurance via AXA couvrait les dégâts éventuels. Sur le papier, zéro contrainte pour garder son appartement pendant un séjour à l’étranger.
Comment fonctionnait SmartRenting ?
Le processus étape par étape
D’abord, tu contactais l’agence via leur site internet pour présenter ton projet de mobilité. Ils validaient ton dossier selon trois critères : localisation, état du logement et montant du loyer raisonnable. Les quartiers parisiens prisés (Bastille, Montmartre, Opéra) passaient facilement.
Ensuite, SmartRenting t’aidait à décrocher l’accord de ton propriétaire. Ils présentaient leur statut d’agence immobilière professionnelle et leurs garanties. Une fois le feu vert obtenu, ils prenaient possession de ton appartement pendant toute la durée de ton absence.
Pendant ta période à l’étranger, ton logement était proposé en location courte durée sur différentes plateformes. SmartRenting gérait les locataires, l’entretien et te versait ton loyer à date fixe. À ton retour, tu récupérais ton bien théoriquement dans le même état.
Les conditions d’éligibilité
Pour utiliser le service, il fallait être locataire d’un appartement meublé. Les propriétaires pouvaient aussi confier leur bien directement. L’absence minimale variait entre 2 semaines et 1 mois selon les sources. Les cibles principales étaient les étudiants et jeunes actifs.
Ton appartement devait répondre à certains standards. Une bonne localisation était indispensable pour attirer les touristes. Le niveau d’entretien comptait aussi. Enfin, le loyer devait rester cohérent avec le marché pour que l’agence dégage sa marge.
Les garanties proposées
SmartRenting mettait en avant trois garanties. Le paiement de 100% du loyer, quel que soit le taux d’occupation de ton appartement. Une assurance complémentaire via AXA en plus de ton assurance habitation. Et le statut d’agence immobilière professionnelle pour rassurer les propriétaires.
La plateforme promettait aussi une sélection rigoureuse des sous-locataires. Dans les faits, plusieurs clients ont signalé des nuisances dans leur copropriété. Des dégradations non mentionnées lors de l’état des lieux. Un ménage bâclé malgré les promesses de professionnels.
Les avantages et inconvénients du service
Ce qui attirait les utilisateurs
Le principal avantage, c’était la tranquillité d’esprit. Partir sereinement en sachant que ton loyer était couvert sans gérer les aspects logistiques. Pour un étudiant en stage de 6 mois à Londres, ça changeait tout. Plus besoin de choisir entre payer deux loyers ou risquer de perdre son appartement parisien.
Le service était gratuit pour le locataire. Aucune commission, aucun frais de dossier. Tu récupérais l’intégralité de ton loyer chaque mois. L’agence se rémunérait uniquement auprès du sous-locataire en appliquant son coefficient multiplicateur.
Les limites et problèmes rencontrés
Les avis Trustpilot racontent une autre histoire. De nombreux clients se plaignent d’appartements rendus sales ou abîmés. Portes de douche cassées, radiateurs arrachés, matelas tachés. Plus de 1000€ de réparations pour certains. Sans réponse du service client.
Le ménage soi-disant professionnel laissait à désirer. Toilettes sales, douche non nettoyée, sols négligés. Certains ont dû tout refaire en rentrant de voyage. Et puis il y a eu le redressement judiciaire fin 2023. Des locataires attendent toujours leurs paiements deux ans plus tard.
Mon analyse : pourquoi cette faillite ?
Un business model fragile
Promettre 100% du loyer même sans locataire, c’est généreux. Trop généreux. Ce modèle ne fonctionne que si le taux d’occupation reste très élevé toute l’année. Dès qu’un appartement reste vide quelques semaines, l’agence perd de l’argent.
Le coefficient de 2,5 sur le loyer permettait de dégager la marge. Mais sur un marché aussi concurrentiel qu’Airbnb à Paris, maintenir ces tarifs n’était pas évident. Les périodes creuses (hors vacances scolaires, hors événements) rendaient l’équation impossible.
L’impact du COVID-19
La pandémie a détruit l’activité du jour au lendemain. Plus personne ne voyageait, plus personne ne louait. SmartRenting devait quand même honorer ses engagements de paiement envers les locataires. Pendant ce temps, zéro revenu côté sous-location.
La startup a mis en sommeil son activité pendant presque 2 ans. Fermeture de toutes les agences, licenciements massifs. Quand ils ont tenté la relance en 2022, ils partaient déjà avec un lourd passif financier.
Les signaux d’alerte
Avec le recul, plusieurs signaux auraient dû alerter. Le manque de réactivité du service client. Les avis négatifs qui s’accumulaient sur Trustpilot. Les promesses de plus en plus agressives sur les JO 2024 pour tenter de sauver la boîte.
Les investisseurs du crowdfunding Anaxago ont tout perdu. 2000€ par souscripteur en moyenne, partis en fumée. La date de cessation des paiements au 30 octobre 2023 montre que les difficultés dataient d’avant l’annonce officielle.
Quelles alternatives à SmartRenting en 2026 ?
Solutions de sous-location légale
Si tu veux sous-louer ton appartement légalement, tu peux le faire toi-même via Airbnb. Obtiens l’accord écrit de ton propriétaire. Respecte les limites légales (120 jours maximum à Paris pour une résidence principale). Déclare tes revenus locatifs.
Certaines agences immobilières classiques proposent désormais des services de gestion locative courte durée. Renseigne-toi auprès des professionnels de ton quartier. Vérifie leurs assurances et garanties avant de signer.
Mes recommandations
Franchement, si tu pars quelques mois, le plus simple reste de sous-louer directement à quelqu’un de confiance. Un ami, un collègue, un étudiant recommandé par ton école. Tu gardes le contrôle et tu évites les intermédiaires qui prennent des marges énormes.
Si tu passes vraiment par une plateforme ou une agence, vérifie leur santé financière. Demande des références clients récentes. Ne leur confie jamais un bien de grande valeur sans garanties béton. Et surtout, méfie-toi des promesses trop belles pour être vraies.
Mon verdict ? SmartRenting avait une belle idée mais un modèle économique bancal. Les victimes de cette faillite témoignent des risques de confier son logement à une startup sans vérifier sa solidité financière.Station F
